laetidu77 a écrit cette article le 15.02.06, lus 658 fois Note : 5.796/10, Noter l'article
L'oeil gauche au beurre noir, ouvert en force par des straps, une gueule de boxeur après un KO, le corps perclus de douleurs, Carole Montillet a fait preuve d'un immense courage physique et moral pour s'aligner dans la descente olympique, mercredi à San Sicario.
"C'était la bonne décision. C'était ma décision", expliquait la Française, finalement 28e à plus de 4 secondes et demie de l'Autrichienne Michaela Dorfmeister qui prend donc sa succession au palmarès des JO.
"Je ne pouvais vraiment pas rester dans ma chambre ce matin et regarder la descente à la télé", poursuivait Montillet, qui avouait avoir pris sa décision mardi soir, avant de s'endormir. "Je savais que j'étais capable de serrer les dents. Cela fait trop longtemps que je prépare cette descente. Il fallait que je la fasse".
Plus dubitatifs étaient ses entraîneurs. Xavier Fournier, responsable de la vitesse au sein de l'équipe de France féminine, jugeait ainsi que l'on ne pouvait "pas se mettre à sa place". "En la voyant dans cet état, disait-il, on n'avait pas envie qu'elle aille au carton, mais en même temps, pour ses derniers JO, elle avait envie de défendre son titre, d'être au départ."
Mardi, au lendemain de sa lourde chute lors du deuxième test chronométré, l'Iséroise a, entre deux soins, travaillé devant les vidéos des entraînements, étudié la Fraiteve qui l'avait si douloureusement meurtrie lundi. "Mais ce n'est pas pareil de regarder les vidéos et d'avoir les sensations dans les jambes".
Mercredi, Montillet est restée sur la réserve du début à la fin des 3 km de course: "J'avais un peu peur, je n'avais pas de visibilité et je n'ai fait qu'un entraînement. J'étais un peu diminuée. Je suis super déçue. Je n'ai pas fait une très grande course mais j'étais là, j'étais aux Jeux." Le plus important. Comme si, à l'image des enfants qui tombent de vélo, il lui avait fallu immédiatement se remettre en selle.
Revenant sur l'accident spectaculaire de lundi, la championne olympique 2002 a admis avoir, sur le coup, "pensé au pire". "Mais je sentais mes jambes, je n'ai pas pleuré". Pendant cinq heures, après sa chute, elle a échafaudé tous les scénarios.
Ereintée par sa course, mais sûre d'avoir pris la bonne décision en courant la descente, cette épreuve qu'elle "attendait depuis dix mois", Carole va désormais se remotiver pour le super-G de dimanche prochain: "Là, j'ai l'impression d'être passée dans une machine à laver, mais dimanche je prendrai le départ pour la médaille."
avis personnel: elle a fait preuve de beaucoup de courage, elle a prouvée une fois encore son amour pour le sport | |